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Paris, le 25 avril 2012

Communiqué de presse

 

OGM-pesticides : Coulisses d’une étude scientifique


Partenariats entre Institutions et Citoyens pour la Recherche et l’Innovation (PICRI) : Suivez

au quotidien la réalisation d’une étude scientifique inédite en France portant sur le fameux

« principe d’équivalence en substance » utilisé dans le domaine des Organismes

Génétiquement Modifiés (OGM).

 

Enjeux de l’étude. Le principe d'équivalence en substances1 conditionne toutes les évaluations officielles des OGM agricoles sur lesquelles s’appuient ensuite les autorisations à la culture commerciale ou /et à la consommation animale et humaine, il s’agit donc d’un sujet sociétal majeur. L’originalité du projet de recherche PICRI, présenté ici, tient d’abord au fait que c’est la société civile qui a fait émerger la thématique de la recherche en interrogeant la science sur la validité de ce fameux principe d’équivalence en substances. L’équipe scientifique de Christian Vélot, aidée du CRIIGEN2, a alors mis au point le protocole scientifique permettant de répondre expérimentalement à cette question. Elle associe l’association Générations Futures (GF)3 au suivi de l’avancée de ses travaux. GF aura à sa charge la diffusion vulgarisée des informations relatives à cette étude scientifique auprès du public.

 

La recherche participative. La recherche participative constitue un exemple de politique publique de recherche qui permet de contrebalancer les politiques actuelles quasi exclusivement orientées vers l’encouragement de partenariats entre recherche publique et firmes privées. Ici c’est la société civile qui interroge la science : il s’agit donc d’une « révolution » conceptuelle du travail de recherche en phase avec les attentes de la société. Ce projet est financé essentiellement par la Région Ile-de-France dans le cadre des projets participatifs PICRI4 qu’elle a mis en place en 2005 sous l’impulsion de Fondation Sciences Citoyennes5.

 

L’étude au jour le jour. Grâce à ce partenariat, nous allons mettre à disposition du plus grand nombre toutes les informations relatives à la « construction » d’une étude scientifique en toute transparence. Un site internet dédié à la recherche est mis en ligne ce jour – http://www.picri-ogm.fr - où les internautes pourront trouver des vidéos présentant le projet de recherche et ses avancées, suivre l’actualité de l’étude grâce à un blog dédié et en s’inscrivant à la lettre d’information, ainsi que des informations plus générales sur la problématique des OGM.

 

« Grâce à ce partenariat, notre association peut avoir des réponses scientifiques à l’un de ses questionnements en matière d’OGM et rendre compte directement au public du déroulement des recherches. Il s’agit là d’une avancée démocratique majeure et passionnante » déclare François Veillerette, Porte parole de Générations Futures

« Ouvrir son laboratoire à la société civile, donner accès à une étude dont l’enjeu est éminemment sociétal, nous est apparu évident, non seulement parce qu’un choix technologique est avant tout un choix de société, mais également en raison du manque de transparence qui entoure le dossier de l’évaluation des OGM » Christian Vélot, enseignant-chercheur à l’Université Paris-Sud 11 et coordinateur du projet.

 

 

Contact presse

François Veillerette, porte parole de Générations Futures : 06 81 64 65 58

Nadine Lauverjat, chargée de mission à Générations Futures : 06 87 56 27 54

1 Notion sur laquelle s’appuient toutes les instances gouvernementales dans le Monde en matière d’évaluation des OGM agricoles, et qui revient à considérer qu’un OGM ne diffère de l’organisme conventionnel à partir duquel il a été fabriqué que par les gènes qui y ont été introduits ou modifiés.

2 http://www.criigen.org/

3 http://www.generations-futures.fr

4 http://www.iledefrance.fr/recherche-innovation

5 http://sciencescitoyennes.org/

 

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La chronique de Simon, libraire à M'Lire, Laval :

 http://librairiemlire.hautetfort.com/archive/2011/07/26/les-albums-des-editions-goutte-de-sable-sont-a-la-librairie.html

 

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Samuel Lanoë, auteur d'Assainissement durable,

nous invite à consulter les liens suivants :

 

http://www.eauxglacees.com/Qualite-de-l-eau-1-un-mensonge-d

 

http://eau-evolution.fr/

 

 

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Du saumonstre bientôt dans nos assiettes :

à lire sur le lien :

http://www.bioconsomacteurs.org/page.php?page=blog&id=3046&type=actus

 

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Article de Christian Vélot

 

L’AESA offre le choix des armes...

Le 31 mars dernier s’est tenu à Bruxelles un atelier de consultations de l’Agence européenne de sécurité alimentaire (AESA, ou EFSA1 en anglais) qui était censé traiter du concept d’équivalence en substance, comme l’avait initialement proposé la directrice exécutive de l’agence, Madame Geslain-Lanéelle, à la demande de l’eurodéputé José Bové en novembre 2010.

Le principe d’équivalence en substance, sur lequel s’appuie l’évaluation de tous les organismes génétiquement modifiés (OGM) dans le monde, stipule que « Si un aliment ou un constituantalimentaire nouveau est semblable à un aliment ou constituant alimentaire existant, il peut être traité de la même manière en ce qui concerne la sécurité ». Il a été adopté par l’OCDE (Organisation pour la coopération et le développement économique) en 1993, puis avalisé en 1996 par la FAO2 et l’OMS (Organisation mondiale de la santé), lesquelles recommandent depuis lors que ce principe s’applique à l’évaluation sanitaire de la nourriture et des constituants alimentaires provenant des OGM. Ce principe, transcrit dans la réglementation même de la FDA3 où il est écrit (Partie IX : Nourriture provenant de nouvelles variétés de plantes) que « Dans la plupart des cas, les composants des aliments provenant d’une plante génétiquement modifiée seront les mêmes que ceux que l’on trouve communément dans les aliments, comme les protéines, les graisses, les huiles et les hydrates de carbone », revient à considérer qu’un OGM ne diffère de son homologue conventionnel que par les caractères exprimés par les transgènes qui y ont été introduits. C’est une vision mécanistique du vivant totalement obsolète (niant toute la complexité du vivant tant du point de vue des organismes eux-mêmes que de leurs interactions avec leur environnement) qui a été institutionnalisée en 1976 avec le lancement de la première entreprise de biotech, et qui constitue la fondation économique et légale sur laquelle s’appuie encore aujourd’hui toute l’industrie de la biotechnologie. Le concept même d’équivalence en substance, qui découle directement de cette conception réductrice du vivant, ne s’appuie sur aucunedémonstration scientifique et est édicté en principe, ce qui exclut la nécessité du contrôle et conduit inévitablement à une carence d’évaluation. C’est la raison pour laquelle ce concept — ce dogme — est contesté non seulement au sein de la communauté scientifique, mais également par de nombreuses associations de consommateurs et de défense de l’environnement.

Que l’AESA accepte d’ouvrir des discussions sur le principe même d’équivalence en substance pouvait donc être perçu comme une grande avancée et l’espoir de voir enfin remises à plat toutes les procédures d’évaluation des OGM.

Mais le thème de la journée a progressivement changé. Au final, il ne s’agissait plus d’un atelier de consultations sur l’équivalence en substance mais sur la sélection des comparateurs pour l’évaluation des plantes GM. Seule la session du matin (les deux premières heures) étaient consacrées à l’équivalence en substance, toutes les autres (celles de l’après-midi) au choix des comparateurs. Or les discussions sur le choix des comparateurs impliquent l’acceptation sur le fond du principe d’équivalence en substance. C'est un petit peu comme si, dans un forum sur les droits des femmes, on avait le matin une session pour dénoncer la lapidation, et l'après-midi des sessions sur le choix des pierres à utiliser...

C'est la raison pour laquelle je n’ai pas souhaité me joindre à ces discussions, et que je n'étais pas favorable à ce que le réseau ENSSER4 (dont je suis membre) y contribue. De plus, l'AESA avait refusé que je participe en tant qu’intervenant officiel, et face à l'insistance de José Bové, avait simplement garanti que je disposerai d’un temps de parole dans la phase de discussion avec la salle...

A l’AESA, on peut débattre de tout, mais pas n’importe comment et pas avec n’importe qui....

L’essentiel étant surtout que rien ne change, tout en donnant l’impression d’une certaine écoute. L’AESA pourrra alors mieux légitimer les avis positifs qu’elle donne systématiquement à toute demande d’autorisation d’OGM à la commercialisation ou à la consommation animale et humaine. N’oublions pas que sur les 125 demandes d’OGM pour lequelles cette agence européenne a eu à se prononcer, elle a toujours donné un avis positif... ...à l’unanimité. Formidable, non ? D’ailleurs je le dis aux personnes qui ont des problèmes de couple, c’est-à-dire qui ont du mal à s’entendre à deux : prenez exemple sur le panel OGM de l’AESA, ils sont plus de 20, ils sont toujours d’accord ! Merveilleux.

On aimerait bien que l’AESA soit équivalente en substance à l’ensemble de la communauté scientifique pour qu’elle reflète au moins les divergences qui s’y expriment.

 

Christian Vélot

1 European Food Safety Authority

2 Food and Agriculture Organization = Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture

3 Food and Drug Administration = Office du contôle pharmaceutique et alimentaire aux Etats-Unis

4 European Network of Scientists for Social and Environmental Responsability = Réseau des chercheurs européens

engagés pour une responsabilité sociale et environnementale

 

 

 

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sur le site RICOCHET

 

La chronique de Deborah Mirabel sur

La Princesse est malade !

http://www.ricochet-jeunes.org/critiques/livre/42478-la-princesse-est-malade-

 

 

 

 

Assainissement durable

 

Le magazine Eaux et Rivières consacre un numéro spécial à l'assainissement non collectif.

http://www.eau-et-rivieres.asso.fr/index.php?54/545

 

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Sécurité alimentaire dans l'actualité

consultez le site :

 

http://www.menustoxiques.fr/

Plus de 80 substances chimiques, dont certaines susceptibles d'être cancérigènes, sont ingérées en une seule journée par un enfant de 10 ans à travers ses repas composés suivant les recommandations officielles en France, selon une étude du mouvement Générations Futures.

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29/09/2010 à 00h00 Libération
Europe : le lobby OGM infiltré à la tête de la sécurité alimentaire
Diána Bánáti, la présidente de l’agence qui délivre les autorisations d’importation, a maquillé son CV pour minorer son passé dans l’agrobusiness.

Par JULIE MAJERCZAK et JEAN QUATREMER Correspondants à  Bruxelles
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La Commission européenne a toujours été l’amie des OGM, comme en témoignent les 125 autorisations d’importation accordées depuis 1998. Mis à part les six dossiers retirés par les industriels eux-mêmes, on ne compte absolument aucun refus en douze ans ! Les instances communautaires écartent systématiquement les objections avancées tant par les scientifiques que les autorités sanitaires nationales ou les associations de défense de l’environnement. La création, en 2002, de l’Agence européenne de sécurité alimentaire (AESA), au lendemain du scandale de la vache folle, n’a strictement rien changé à ce biais favorable aux champions des biotechnologies. Et pour cause  : la Commission a peuplé l’AESA de personnalités acquises à la cause des OGM quand elles ne sont pas directement issues de l’industrie elle-même. José Bové, eurodéputé vert et vice-président de la commission agriculture du Parlement européen, vient ainsi de lever un beau lièvre : la présidente du conseil d’administration de l’AESA, la Hongroise Diána Bánáti, a dissimulé qu’elle avait été membre du comité des directeurs de la branche européenne de l’International Life Science Institute (Ilsi), le «lobby de l’agrobusiness», comme le qualifie Bové.

Dangers. Cet organisme prétend donner des conseils scientifiques indépendants dans tous les domaines agro-alimentaires, alors qu’il ne fait que reprendre à son compte les données fournies par ses membres, au rang desquels on compte tous les grands des OGM que sont Monsanto, Syngenta, Bayer, BASF, etc. L’Ilsi s’est par exemple illustré aux Etats-Unis en fournissant des études «scientifiques» sous-estimant les dangers du tabac, ce qui a conduit la justice américaine à s’intéresser à son fonctionnement. A la suite de cette affaire, l’Organisation mondiale de la santé l’a retiré de sa liste d’organisations «partenaires». On retrouve aussi l’Ilsi dans l’affaire du Teflon créé par le groupe DuPont : son étude prouvant l’innocuité de cette matière ne reposait sur aucune base sérieuse…

Nommée membre du conseil d’administration en 2006, sur proposition de la Commission et décision du Conseil des ministres, Diána Bánáti a été élue présidente de l’Agence européenne de sécurité alimentaire en 2008, puis réélue en juillet cette année. C’est en épluchant sa «déclaration d’intérêt» que José Bové a découvert le pot aux roses. Elle avait simplement mentionné qu’elle avait été «membre du comité scientifique de l’Ilsi» et juré aux députés européens «[qu’]elle n’a jamais été approchée par des lobbyistes».

«Un conflit d’intérêts scandaleux», s’emporte José Bové, qui exige sa «démission immédiate». «J’ai averti la Commission le 14 juillet, j’attends toujours une réponse.» L’ancienne ministre de l’Environnement Corinne Lepage, elle aussi députée européenne, est sur la même longueur d’ondes : «Il est choquant qu’aucun contrôle des déclarations d’intérêts ne soit effectué par la Commission européenne. Si des gens représentent l’industrie, qu’ils se présentent en tant que tel.» Joints au téléphone, ni la Commission ni l’AESA n’ont souhaité faire de commentaire sur cette affaire.

Depuis l’origine, les écologistes dénoncent le mode de fonctionnement de l’AESA : elle ne mène aucune étude elle-même, mais s’appuie sur les dossiers transmis par les industriels à qui il appartient de démontrer l’innocuité de leurs produits. Autre lacune de taille : aucune évaluation des risques à long terme n’est exigée. Alors que pour les pesticides, les industriels doivent tester leurs substances sur des rats durant deux ans, pour les OGM, trois mois suffisent.

Positifs. La composition de l’AESA explique sans aucun doute cette coupable inclination. Car Diána Bánáti n’est pas un cas isolé. En avril, l’ancienne directrice du département OGM de l’AESA, Suzy Renckens, a été embauchée par l’agrochimiste Syngenta… L’actuel président du comité scientifique OGM de l’agence, le professeur Harry Kuiper, est, par ailleurs, le coordinateur d’Entransfood, un projet soutenu par l’UE visant à «favoriser l’introduction des OGM sur le marché européen et rendre l’industrie européenne compétitive». On comprend mieux pourquoi les avis de l’agence sont toujours positifs. Quelles que soient les objections, elle ne change pas d’avis. Ainsi, dans le cas du maïs MON 810 de Monsanto, la Commission lui a demandé à trois reprises son avis, des études récentes, notamment de l’Institut Pasteur, ayant mis en avant les incertitudes existantes sur les effets à long terme de cet OGM. L’AESA n’a pas revu sa copie. Or, les avis de l’agence sont cruciaux, la Commission s’y rangeant dans tous les cas. Le Conseil des ministres, sur proposition de la France, a demandé à la Commission de revoir le fonctionnement de l’AESA. C’était en 2008. On attend encore. 

 

A lire aussi :


http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/09/29/la-presidente-de-l-autorite-europeenne-de-securite-des-aliments-appartient-a-un-lobby-industriel_1417442_3244.html

 

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Réaction de Christian Vélot

suite au fauchage de la vigne transgénique de Colmar


Ces essais sont prétendus être réalisés strictement à des fins de recherche et non à des fins commerciales (ce qui reste à être démontré), mais est-ce que ça donne pour autant le droit de faire tout et n’importe quoi ?
Certes, il ne s’agit pas de plante pesticides (ni productrice d’un insecticide, ni tolérante à un herbicide). Est-ce pour autant que cette vigne ne représente aucun danger environnemental au point de se permettre de faire ces essais en plein air ?
On nous dit que la transmission par le pollen est peu probable puisque c’est le porte greffe qui est génétiquement modifié et non le greffon. C’est faire fi des travaux scientifiques publiés dans Science en 2009 qui montrent le passage de gènes de porte-greffe à greffons. D’où sans doute la précaution supplémentaire d’avoir supprimé (mécaniquement) les fleurs sur ces plants. Du coup, on a aucun moyen de suivre une éventuelle transmission via le pollen. Mais surtout, ce qui n’est quasiment jamais évoqué, c’est que cette vigne (comme toutes les plantes transgéniques résistantes à des virus), est un véritable réservoir à virus recombinants. Il s’agit de plantes transgéniques dans lesquelles le transgène est un un gène viral. La présence de ce transgène protège la plante contre le virus en question ainsi que contre les virus apparentés (sans qu’on en connaisse vraiment les mécanismes intimes). Or, les virus ont une très grande capacité à échanger spontanément leur ADN (phénomène de recombinaison) : les séquences d’ADN viral sont très recombinogènes. Par conséquent, quand cette plante est victime d’une infection virale, il peut se produire très facilement des échanges entre l’ADN du virus infectant et l’ADN du transgène, ce qui conduit à l’apparition de virus dits recombinants dont on ne maîtrise rien et qui vont pouvoir se propager dans la nature. Il est là le vrai danger avec ces plantes ! Avec des plantes conventionnelles, une telle situation ne peut se produire que si la plante est infectée simultanément par deux virus. Avec ces plantes transgéniques, au contraire, un seul virus suffit et on augmente donc considérablement la probabilité de ces événements. Tout ceci est expliqué en détail dans mon livre (OGM : tout s’explique) aux pages 140 à 142.
De tels essais à ciel ouvert font donc courir des risques considérables. C’est d’ailleurs très "drôle" de constater la contradiction de l’INRA sur cette question des risques : dans un article du Monde du 16/08, l’INRA dit à propos des faucheurs :
« ils contribuent à répandre la peur en évoquant des risques environnementaux qui n’existent pas sur cet essai, alors que l’INRA essaie de déterminer, en toute indépendance, la pertinence et les risques éventuels de ce type de technologie dans la lutte contre le court noué ». L’INRA fait des essais pour déterminer les risques mais affirme que les risques n’existent pas !??! On se fout de qui ?


Encore une fois, la planète n’est pas une paillasse de laboratoire.

Pourquoi ne pas faire ces essais au moins sous serre ? Un essai en plein air doit être une simulation et ne doit pas faire courir de risques : quand on fait une simulation d’une attaque chimique dans le métro pour entraîner la coordination des secours, on met tous les ingrédients mais on ne met pas l’agent chimique quand même...
Par ailleurs, on nous dit qu’il n’existe pas de solution actuellement contre le court noué (si ce n’est que tuer les nématodes, ces vers
microscopiques du sol qui transportent le virus et le transmettent au pied de vigne, avec des produits nématicides fortement toxiques). Certes, il n’y a pas de solution directement sortie des laboratoires, mais il existe en revanche des pratiques culturales qui permettent de s’affranchir du court noué telles que les plantes nématicides (ou nématifuges). Certains viticulteurs ne sont pas ou peu embêtés par le court noué. Pourquoi ? Posons-nous la question. Voilà de véritables pistes à exploiter qui conduiront inévitablement à des stratégies subtiles, durables et moins invasives que l’artillerie lourde des OGM. Cet exemple soulève une fois de plus la nécessité de développer la recherche participative à laquelle les viticulteurs contribueraient activement et où leur implication ne se réduirait pas à siéger dans un comité de suivi de la mise au point d’une technologie qui leur sera servie clés en mains pour qu’ils s’empressent d’oublier leurs bonnes vieilles pratiques paysannes respectueuses de l’environnement. Il est clair que ces essais ne sont qu’un cheval de Troie pour l’ensemble des essais en plein air et pour l’acceptation des OGM et des biotechnologies en général.
C’est pour toutes ces raisons que je soutiens à 200% cette action de fauchage.


Christian Vélot

 

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Rencontre avec Clariste Soh Moube autour de son livre « Le Piège » ?

Bamako/ Paris/ 2010/ Daphné Bitchatch

 

Je suis une rescapée de la mort à la frontière Sud de l’Europe, comme l’exige l’immigration choisie de la plupart des jeunes de l’Afrique. Mais nous n’avons pas choisi de naître et de grandir avec la France en tête comme unique perspective. Mon histoire est celle des milliers de jeunes francophones engloutis par « le grand bleu », stoppés par le désert, les barbelés, les balles ou égarés dans l’Europe forteresse d’un rendez-vous manqué, comme le veut la mondialisation quand elle est décrétée par les forts et suivie par les autres. Clariste Soh Moube/ Le piège.

 

La voix de Clariste Soh Moube pourrait être celle des « retournés » au Mali, des revenus sur les lieux remettre leur vêtement à l’envers du tissu, leur corps à l’endroit, se tourner d’un autre côté, reprendre ce qui avait été quitté. La voix de ceux qui ont rebroussé chemin, la tête lourde de rêves floués, trahis.

La voix de ceux qui ont gagné force et capacité d’attaque à remettre leurs pas dans l’empreinte fossilisée, sculptée à jamais de sang et de larmes mais aussi de force et de combat. La voix d’hommes et de femmes restés debout. « La langue ne vous demande jamais votre carte d’identité. Elle est là, disponible, dans la bouche de ceux qui vous parlent. Et chacun de nous peut.» 1 En résonance à ce fragment de texte de Jeanne Benameur, Clariste Soh Moube écrit « L’homme qui a la bouche, ne meurt jamais ». Et en lisant « Le piège », sous le cri de Clariste Soh Moube, cette part en nous de haine, de honte, de fils de fer barbelés, ce « mur de l’apartheid » frémit de colère. Colère de l’exclusion, du rejet et de d’humiliation, des insultes et des souffrances. Colère de l’intolérance, l’indifférence, la peur et la méfiance qui nous éloignent si dangereusement de nous-mêmes et des autres. Le titre choisi « Le piège » évoque celui du débat sur l'identité nationale, piège d’une identité d’exclusion, en risque d’asphyxie. Mais il pose aussi la question des pièges plus sourds qui nous dédouanent trop souvent, chacun, de s’atteler à leur mise à nu. Clariste Soh Moube le fait. Son récit sans complaisance ni complainte nous conduit là où ses défis l’ont amenée à comprendre le sens du combat. Le regard tourné vers l’horizon malgré le poids de la solitude et la dureté vécues, les angoisses ressenties, de tout ce que l’émigration fait endurer, elle continue de témoigner contre la disparition, contre le sommeil, contre l’oubli.

 

Daphné Bitchatch : Vous ouvrez votre livre avec les paroles de Frantz Fanon » Je me découvre un jour dans le monde et je me reconnais un seul droit; celui d’exiger de l’autre un comportement humain. Un seul devoir. Celui de ne pas renier ma liberté au travers de mes choix »2 Frantz Fanon a écrit ce livre en 1952. Qu’avons-nous fait de ces mots ? Le désastre de la colonisation décrit à cette époque par F. Fanon, Senghor, Césaire et d’autres écrivains a-t-il pu être réparé ?

 

Clariste Soh Moube : Je ne pense malheureusement pas que les choses aient changé aujourd’hui. Bien au contraire la situation est bien plus cruelle qu’à l’époque de Fanon dans la mesure où les élites sont souvent complices. L’ennemi de surcroit marche à visage masqué. L’adversité est partout sous des formes différentes. La mondialisation néolibérale que nous, peuples d’Afrique subissons aujourd’hui, a tout d’une recolonisation. Si, pour les êtres privilégiés, partir rime avec liberté, en ce 21ème siècle partir, pour nous jeunes Africains il s’agit souvent d’une fuite vers un mirage.

 

D.B : Vous êtes partie du Cameroun afin de faire carrière au sein d’un club de foot en Europe, pour subvenir aux besoins de votre famille, et aujourd’hui le football semble bien faire partie de vous–même. Pouvez-vous nous décrire les liens entre le football et le monde social, civique et politique dans les pays d’Afrique ?

 

C.S.M : Le foot en Afrique symbolise l'espoir pour la plupart des démunis. Celui de trouver une place et la reconnaissance. Il est devenu une espèce de drogue, d’opium qui fait oublier nos vécus souvent douloureux. Le foot sert ainsi de moyen de diversion du peuple pendant que les politiques bradent nos richesses.

 

D.B : Le rêve de partir, l’aspiration à un mieux vivre vous fait constater assez vite « J’étais bel et bien partie mais fondamentalement tout était resté identique ». L’Afrique a-t-elle profondément ce désir de l'occident, et ce désir a-t-il été créé de toute pièce ? Pensez-vous que la mystification d’une Europe salvatrice, entretenue de part et d’autre du continent africain, puisse rester agissante encore longtemps ?

 

C.S.M : Pour répondre à cette question je renverrais vos lecteurs à l’essai d’Aminata D. Traoré « Le viol de l’imaginaire ». Je dirais pour ma part que ce désir existe et qu’il a été créé de toute pièce hier par les colons et qu’il est entretenu par les tenants de la mondialisation. Cette mystification se perpétuera aussi longtemps que la décolonisation des esprits ne se sera pas opérée.

 

D.B : « …Je continuerai de construire ma barque pour traverser cet océan de souffrance. Et un jour enfin j’en suis sûre, je sais que je me réveillerai différemment, retrouvant le rire qui a toujours été masqué par ce sourire amer. Oui Amer. » Quand on vous voit ainsi, souriante et gracieuse, on croirait bien que le rire vous est revenu. Peut-on rire de nouveau après cet enfer, ou plutôt comment le fait-on, et avec qui ?

 

C.S.M : Depuis que j’ai rencontrée Aminata Traoré, j’ai appris et réappris beaucoup de choses parmi lesquelles la confiance en soi-même, la sobriété la joie de vivre en se disant que le meilleur est ici et partout en nous-mêmes. J’ai appris à me passer du superficiel pour aller à l’essentiel : l’humain.

Je suis bien avec tous ceux qui regardent dans la même direction que nous au Centre Amadou Hampâté Bâ (CAHBA). Tous ceux pour qui être différent n’est pas un crime, sont les bienvenus.

 

D.B : Vous citez la phrase de Nelson Mandela « Humilier quelqu’un, c’est le faire souffrir inutilement ». Ne gardez-vous pas une méfiance vis-à-vis de l’autre, après avoir démasqué cet autre qui aurait pu être votre frère mais a choisi le camp de ceux qui humilient ?

 

C.S.M : Parmi les choses que j’arrive à comprendre à travers mon expérience et ma foi, c’est que celui qui choisit d’humilier est un ignorant. Un ignorant qui prend la parcelle de vérité qu’il a pour un tout. Je me dis aussi que, cette méfiance vient de la peur de l’autre entretenue de nos jours par des politiques d’arrière garde. L’autre, est un autre moi-même, c’est-à-dire un miroir. L’autre comme vous l’écrivez, est en somme mon frère. Je suis certaine qu’il ne choisit pas nécessairement le camp de ceux qui humilient. Quant à ceux et celles qui partent, ils sont souvent convaincus que c’est la seule manière de s’en sortir.

 

D.B : Je pense à cette citation d’Edouard Glissant : « Mais les Africains déportés ont défait les cloisonnements du monde. Eux aussi ont ouvert, à coups d’éclaboussures sanglantes, les espaces des Amériques. ». Quelle forme prend votre combat aujourd’hui au Centre Amadou Hampâté Bâ, dans votre engagement pour la reconstruction africaine?

 

C.S.M : La résistance à la mondialisation marchande pour une Afrique debout, solidaire et un monde juste et vivable. Nous avons aujourd’hui en tant qu’Africains, le souci de nous bâtir une vision africaine qui sera notre contribution à la reconstruction du monde qui en a bien besoin. L’Afrique au vu des crises du système dominant n’a plus à singer ceux qui croient être dans le camp des meilleurs.

Le mimétisme ne fait que resserrer les chaînes qui nous empêchent d’être nous-mêmes, de nous respecter en tant qu‘Africains et d‘exiger le respect des autres.

 

D.B : Ces mots-titres de chapitres : Tu parles d’une guerre… De l’espérance à l’errance…Africaine je suis et je resterai…Les avez-vous écrits lors de votre traversée ? Quel a été votre cheminement vers ces mots, vers la transformation de cette expérience si douloureuse en lucidité, énergie et force de combat?

 

C.S.M : J’ai juste retranscrit ce qui était au fond de moi et ces mots sont venus naturellement après que j’aie commencé à réviser ma grille de lecture de l’Afrique en côtoyant quotidiennement Aminata Traoré. Cette Afrique de loosers que l’on voit sur les chaînes de télévision tous les jours et dont on finit par se convaincre est peu à peu devenue une Afrique qui a toutes ses chances si nous confrontons le local et global.

 

D.B : « Mais parlant de développement, aujourd’hui je me pose la question de savoir : sous-développé par rapport à qui et par rapport à quoi ? …Etre développé nous transforme-t-il en oppresseur ? Aller à la conquête d’autres planètes, sans se préoccuper du sort de ses voisins sur terre est-ce un indice de développement ? Couper l’arbre sur lequel on est assis l’est-il ? Ces questions appellent-elles des réponses ?

 

C.S.M : Je pense que chacun de nous devrait les méditer quel que soit le camp dans lequel il se trouve, puisque nous sommes, bien que la plupart des gens semble l’ignorer, à bord du même bateau : le monde.

? Editions Goutte de sable, Taama Editions, Octobre 2009, Bamako (Mali).

1 Jeanne Benameur, « Comme on respire ».

2 Frantz Fanon « Peau noire, masques blancs ».

 

 

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OGM Actualités par

Christian VELOT

 

L’AFBV (Association Française des Biotechnologies Végétales) est une récente association qui se définit comme une organisation « dont le but est d’informer sur la réalité des biotechnologies végétales de la façon la plus crédiblepossible [sic] en s’appuyant sur l’expertise de ses membres et sur des travauxreconnus par la communauté scientifique ».

Elle est notamment parrainée par Claude allègre dont l’expertise et les compétences en matière d’OGM ne sont effectivement plus à démontrer…

Parmi les valeurs et les principes mis en avant dans la charte de l’AFBV, on trouve notamment celui de « rigueur scientifique ».

Pour s’en persuader, il suffit par exemple de lire le courrier en date du 8 avril dernier, adressé par le Président de l’AFBV, Marc Fellous, aux députés ayant signé la « Charte du Comité de Soutien des Elus à l’Abeille et aux Apiculteurs », et où l’ex-président de la CGB [1] conteste notamment toute responsabilité éventuelle des OGM dans la disparition des abeilles.

M. Fellous y parle essentiellement du maïs Bt Mon810, seul maïs autorisé à la culture commerciale en Europe (et faisant l’objet d’un moratoire en France depuis début 2008). Il s’agit d’un maïs dans lequel a été introduit un gène de la bactérie du sol Bacillus thuringiensis (Bt) détenant le secret de fabrication d’une protéine insecticide qui tue spécifiquement la pyrale, papillon crépusculaire dont la chenille s’attaque à la tige du maïs. Le langage génétique étant universel, le maïs prend alors le gène de la bactérie Bt à son propre compte, le décode et fabrique lui m&eci